Marion HUBERT

Citation : “J’ai toujours rêvé d’ouvrir un café associatif mais je n’ai jamais eu le courage de le faire seule. En rejoignant l’Attribut, j’ai trouvé les gens avec qui le faire, le lieu idéal et l’énergie pour réaliser ce rêve”.
marionhubert_marion.jpg
Mot clé : Tiers lieu, Animation
Peux-tu nous parler un peu de ton parcours professionnel et de ton engagement ? : J’ai fait un master en Langue Etrangère Appliquée puis j’ai travaillé dans la traduction au sein d’une agence en tant que coordinatrice de projet. J’aimais bien car il y avait beaucoup de défis à relever mais après plusieurs années j’en ai eu marre du stress. Je suis partie au Québec pour un emploi et en revenant je me suis jurée de ne pas retourner dans une grande entreprise. J’ai commencé à travailler chez Biocoop pour avoir davantage de lien social et faire quelque chose qui avait du sens. Parallèlement, j’ai commencé à être bénévole à l’Attribut et, il y a quatre mois, j’ai été embauchée en tant que chargée de programmation. Parallèlement, et toujours au Québec, j’ai découvert la désobéissance civile et ça m’a beaucoup plu : toute l’énergie que j’avais pour la coordination de projets pouvait être transposée dans ces actions. En rentrant en France j’ai rejoint ANV COP 21 pour participer à des actions de désobéissance civile ; de fil en aiguille j’ai rencontré d’autres personnes engagées et on a créé Extinction Rébellion à Montgeron.
Quelle est ta vision d'un monde meilleur ? : Ce monde, c’est à nous de l’imaginer et le construire car il n’arrivera pas tout seul ! Un monde sans capitalisme ni patriarcat, c’est dur à déboulonner mais c’est nécessaire. Ce serait un monde sans injustice, sans jugement, sans domination, sans discrimination et sans guerre. Un monde comme l’Idée Halle finalement : on n’a pas de hiérarchie, quasiment pas d’argent - car on récupère énormément - beaucoup de bienveillance, l’envie et l’énergie pour construire ce monde à notre échelle.
Pourquoi agir dans la transition écologique et sociale ? : Je pense que c’est avant tout pour des raisons économiques que j’ai pris l’habitude de moins/mieux consommer. Ado, je me disais qu’il ne fallait pas gaspiller pour ne pas perdre de l’argent. Progressivement, j’ai pris en compte la dimension écologique. Mes années au Québec ont joué un rôle clé : dans les magasins d’alimentation on trouve beaucoup de produits très transformés, beaucoup de gens ont des intolérances et des allergies graves, donc j’ai commencé à me tourner vers une consommation bio et locale. Une fois que j’ai entrepris cette démarche, il m’était impossible de revenir en arrière. En Amérique du Nord, la surconsommation, le gaspillage des ressources sont démesurés (l’eau est gratuite par exemple). Je suis convaincue qu’il n’y a pas d’autre avenir possible pour la planète et pour les êtres vivants qu’en changeant nos modes de vie et de consommation. Pas certaine qu’on y arrive à temps, mais il faut essayer !
Concrètement, en quoi consistent tes missions ? : Avant d’être salariée à l’Attribut, j’étais dans le cercle cuisine et j’étais active au potager. Aujourd’hui, en tant que chargée de programmation et de l’intendance de la Halle, mon rôle est de coordonner l’équipe de bénévoles du cercle programmation pour proposer des ateliers éducatifs, créatifs des événements culturels et engagés diversifiés et accessibles à tous. J’ai aussi participé à mettre en place le café associatif de la Halle avec une équipe de bénévoles de choc !
Peux-tu nous raconter un bon souvenir lors d'un moment d'engagement ? : Cet été, des jeunes du quartier sont venus nous voir en nous disant “ on n’a pas envie de rester à rien faire devant la télé, qu’est ce qu’on peut faire pour vous aider ?” On leur a donc proposé quelques activités comme repeindre une table, éplucher des pommes de terres et ils étaient partants pour tout! C’était super de voir leur intérêt et leur motivation !
As-tu des projets que tu souhaites développer à l'avenir ? : J’ai toujours rêvé d’ouvrir un café associatif - avec un coin bibliothèque, un espace pour que les enfants puissent jouer et un autre dédié à l’animation d’ateliers pour le public - mais je n’ai jamais eu le courage de le faire seule. En rejoignant l’Attribut, j’ai trouvé les gens avec qui le faire, le lieu idéal et l’énergie pour réaliser ce rêve. En obtenant ce poste dans l’asso, c’est vrai que j’ai atteint un objectif mais je pense que ce n’est qu’une étape dans mon cheminement.. L’étape suivante serait d’aller vivre dans un écolieu à la campagne mais je ne me sens pas encore prête à entièrement changer mon mode de vie, ça viendra progressivement.
Que dirais-tu à quelqu'un qui souhaite s'engager mais qui ne sait pas comment s'y prendre ? : Je dis souvent aux client-es du café associatif de venir essayer : participer au potager ou à l’atelier cuisine, réparer des vélos ou passer du temps à la ressourcerie. Rencontrer les autres bénévoles. On est ouverts à toute proposition si quelqu’un souhaite partager une passion ou une compétence. Je leur dis aussi qu’ils et elles sont complètement légitimes pour proposer quelque chose ou pour venir participer, car c’est vrai que tout le monde n’ose pas franchir le pas.