Clément DEMONGIN

Citation : "J'ai surtout envie de dire que même si nos actions paraissent insignifiantes, elles permettent de mûrir, d'évoluer et de réfléchir à titre personnel. Au pire, elles permettent de passer du bon temps entre ami-es."
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Mot clé : Sensibilisation
Peux-tu nous parler un peu de ton parcours professionnel et de ton engagement ? : Après des études d'ingénieur, je suis arrivé à Evry pour préparer un doctorat sur les mécanismes en jeu dans les maladies neurodégénératives. Quand je suis arrivé à l'université, j'ai vite remarqué qu'il y avait peu de choses en place sur le plan environnemental. Au même moment, j'étais en pleine réflexion personnelle et de remise en question sur mon mode de vie. J'ai donc voulu aller plus loin pour contribuer à la transition au niveau local, sur mon lieu de travail et dans ma ville. Comme il n'existait aucune association écologiste à l'université, j'ai décidé de créer les Cocottes Minutes.
Quelle est ta vision d'un monde meilleur ? : Comme beaucoup, je pense qu'un monde meilleur passe par plus de sobriété mais aussi par moins de temps de travail, pour plus de temps en famille et dans l'associatif. Il faut laisser tomber les énergies fossiles et le plastique, pour plus de matériaux biosourcés. Ce serait un monde où l'on arrêterait de s'empoisonner à petit feu avec des pesticides, des déchets toxiques, ou de la malbouffe. Je pense qu'un monde meilleur se construit à petite échelle avec plus de démocratie participative. Dans ce monde, il n'y aurait pas de frontières, le développement d'un pays ne serait pas mesuré à sa richesse mais à l'équité, l'égalité et le bonheur de ses citoyen-nes.
Pourquoi agir dans la transition écologique et sociale ? : J’agis par nécessité, par refus du fatalisme ; le défi est trop grand, trop important mais je ne peux pas me résigner. Pourtant, j'ai l'impression que tout ce que j'entreprends est ridicule : souvent beaucoup d'efforts pour un impact dérisoire. Nos rapport à la nature et nos modes de consommation doivent changer, c’est absolument nécessaire et pas seulement pour sauver les ours blancs ou les pandas -comme on le voit parfois sur des affiches- mais bien pour préserver nos conditions de subsistance. Si on ne fait rien, qu’on n’agit pas et qu'on laisse tout se dérégler, on va tout perdre.
Concrètement, en quoi consistent tes missions ? : Je suis créateur et président de l'association Les Cocottes Minutes-pour des initiatives éco-logiques. Avant la pandémie, nous organisions pas mal d'ateliers, de projections de films ou d'actions de sensibilisation. Aujourd'hui, on se concentre plutôt sur le dialogue avec les administrations en participant aux groupes de travail thématique pour changer les choses concrètement à l'université.
Peux-tu nous raconter un bon souvenir lors d'un moment d'engagement ? : Je retiens surtout les rencontres, le cercle d'amis que l'on a pu former. Pas forcément, les actions en elles même mais plutôt les repas partagés, les jeux après les réunions.
As-tu des projets que tu souhaites développer à l'avenir ? : En ce moment je suis occupé par un projet de verger urbain que j'ai déposé au budget participatif d'Evry et qui a été sélectionné. C'est un projet important pour moi car c'est quelque chose de concret qui allie à la fois les préoccupations sociales et environnementales. Planter des arbres, c'est bon pour le climat, pour la biodiversité, mais aussi pour le bien-être et la santé des habitants du quartier d’autant plus que ce verger permettrait d’offrir des fruits gratuitement à tou-te-s. La ville nous a confié un terrain de plus de 2000m², il s'agit maintenant de construire le projet avec les habitant-es du quartier, choisir l'aménagement puis planter les arbres fruitiers et les entretenir quand nous les aurons.
Que dirais-tu à quelqu'un qui souhaite s'engager mais qui ne sait pas comment s'y prendre ? : Il faut se lancer, ne pas hésiter, même si c'est une heure ponctuellement, on a besoin de monde. C'est important pour notre avenir, il faut se mobiliser, il faut montrer qu'on veut du changement. La plupart des gens avec qui j'ai l'occasion de discuter se disent concernés et ajoutent que c’est bien ce que l’on fait. Pour autant, on a tellement de mal à trouver de nouveaux volontaires pour les différents projets : on manque tou-te-s de temps mais j'ai peur qu'on regrette plus tard le temps qu'on n’aura pas pris aujourd'hui. J'ai surtout envie de dire que même si nos actions paraissent insignifiantes, elles permettent de mûrir, d'évoluer et de réfléchir à titre personnel. Au pire, elles permettent de passer du bon temps entre ami-es.