Ceci est une version archivée de ChristophE à 2021-09-14 09:30:53

Christophe Exare

Citation : Selon moi, tout le monde est capable d’agir et de s’engager à sa manière : on peut être militant et bloquer une route comme on peut planter une graine avec un enfant pour lui expliquer comment ça pousse.
christophe_whatsapp-image-2021-08-06-at-18.42.36.jpeg
Mot clé : Permaculture
Peux-tu nous parler un peu de ton parcours professionnel et de ton engagement ? : Christophe est salarié dans une entreprise d’électronique. Parallèlement à son activité professionnelle, il a créé BREDDA, une association qui cherche à protéger et restaurer la biodiversité et les équilibres écologiques ainsi qu’agir et éduquer le grand public à la sauvegarde de l 'environnement. Il anime des ateliers sur les semences, le compostage, les hôtels à insectes et la permaculture. Frustré face à l’inertie des politiques publiques dans la lutte contre le réchauffement climatique, il a rejoint l’association Extinction Rébellion et a fondé une branche locale à Montgeron. En 2020, s’investit dans le projet du Pacte pour la transition à Montgeron ce qui le pousse à réfléchir aux enjeux de transition écologique au niveau local . Aujourd’hui, il gère une microentreprise sur le compostage et la permaculture pour faire de la transition écologique le cœur de son activité bénévole et professionnelle.
Quelle est ta vision d'un monde meilleur ? : Pour moi ce serait un monde plus résilient où on arriverait à vivre sans trop perturber le climat et la biodiversité. Ce serait également un monde où on réussirait à reprendre notre humanité en faisant attention aux autres et en prenant soin d’eux. C’est en reprenant cette humanité qu’on arrivera peut être à reprendre contact avec la nature J’aimerais que les gens ouvrent les yeux sur la situation et agissent.
Pourquoi agir dans la transition écologique et sociale ? : C’est d’abord en voyant ce qui se faisait ailleurs que j’ai eu envie de faire bouger les choses ici. En voyageant - en Asie et en Amérique latine-, j’ai eu un déclic sur la façon de vivre des gens qui était beaucoup plus simple et centrée sur l’essentiel. Quand je suis rentré en France, j’ai eu un choc culturel : tout le monde était très renfermé sur soi et j’ai constaté que les gens accusaient beaucoup les étrangers de la pollution sans se remettre en question. J’ai donc eu envie d’agir et d’éveiller les consciences, d’autant plus que j’ai toujours été intéressé par la transmission de savoirs. Je me suis renseigné sur la permaculture, le compostage, le potager en me disant que l’alimentation était un sujet assez simple et quotidien pour les gens et donc un bon moyen de sensibiliser sur les questions de transition écologique.
Concrètement, en quoi consistent tes missions ? : Pour donner un exemple, j’anime des ateliers sur les semences devant des enfants ou des adultes : je leur montre la diversité des semences qui existent et la manière avec laquelle les plantes font leur dispersion. Je leur montre des images, voir des graines directement. On va dans le potager et je leur montre un peu les différentes graines pour qu’ils comprennent ce que veut dire “une salade montée en graine”. Après on fait des semis, on observe les racines qui poussent, je déterre certaines plantes pour expliquer rapidement comment fonctionne le système racinaire.
Pour les hôtels à insectes, on va chercher du bambou, de la paille, du bois puis on utilise des petites cagettes à légumes pour construire les hôtels avec ce qu’on a ramassé.
Il s’agit vraiment d’ateliers pratiques et pas tellement techniques car souvent j’ai des enfants de trois à douze ans donc ils ne sont pas tous très réceptifs. Les adolescents posent des questions, s’intéressent, on discute ensemble alors qu’avec les petits, il faut les faire manipuler.
Peux-tu nous raconter un bon souvenir lors d'un moment d'engagement ? : Si je me suis engagé c’était avant tout pour me dire que je faisais ma part. A côté de ça, j’aime beaucoup transmettre des savoirs, éveiller les consciences. Ce qui me motive c’est de voir les enfants qui sont contents à la fin de l’atelier. Lorsqu’ils viennent me voir pour me dire “ma salade elle a grandi", c’est très plaisant.
Autrement, pendant les actions militantes, c’est motivant de rencontrer des gens qui comprennent pourquoi on se bat. On voit parfois des personnes bloquées dans leur voiture à cause d’une de nos actions mais qui comprennent pourquoi on fait ça ; parfois aussi on rencontre des policiers qui, certes nous évacuent parce que c’est leur travail, tout en nous disant comprendre pourquoi on se mobilise. En politique aussi, on voit certaines villes comme Ris Orangis ou Athis-Mons qui se battent beaucoup pour faire changer les choses, qui soutiennent des initiatives locales comme l’Attribut. C’est motivant et ça donne envie de continuer.
As-tu des projets que tu souhaites développer à l'avenir ? : L’année dernière je voulais monter une AMAP sur Montgeron mais on avait besoin d’un local et la mairie ne nous a pas tellement aidés - peut être aussi parce qu’avec la crise sanitaire il y avait d’autres choses à régler. La résilience alimentaire était le sujet du moment donc on avait de l’espoir mais on n’a pas eu de réponse… Tout est à peu près fait, on a des contacts avec les maraîchers donc lorsque j’aurais un peu plus de temps je m’y remettrai. Autrement, j’aimerais quitter mon emploi salarié pour m’investir pleinement dans mon entreprise de compostage et de permaculture.
Que dirais-tu à quelqu'un qui souhaite s'engager mais qui ne sait pas comment s'y prendre ? : Je leur dit souvent d’aller sur Youtube et de regarder certaines chaînes telles que “Partager c’est sympa” ou “Permaculture, Agroécologie etc”. Je leur recommande aussi de se renseigner sur les associations locales - grâce à Transiscope par exemple - pour qu’ils et elles puissent s’engager concrètement dans une recyclerie, une AMAP, un atelier zéro déchet etc. Parfois, je regarde ce qui existe autour de chez eux et j’essaie de les mettre en contact avec des personnes que je connais ou je les redirige vers Territoires en liens qui a un gros réseau. Ma réponse dépend beaucoup de ce qu’ils veulent faire, du type d’engagement qu’ils souhaitent. Les gens arrivent toujours à trouver quelque chose qui leur convient. Selon moi, tout le monde est capable d’agir et de s’engager à sa manière : on peut être militant et bloquer une route comme on peut planter une graine avec un enfant pour lui expliquer comment ça pousse.